La scolarité L'hyperactivité La dyscalculie La dyslexie Q.I.
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DOSSIERS : LES DIFFICULTES SCOLAIRES

La plupart des consultations chez le psychologue ou en CMP sont motivées par des difficultés scolaires. En effet, les parents sont aisément alertés par les résultats scolaires de leur enfant et n’hésitent pas à consulter quand ce n’est pas l’école ou l’enseignant qui leur suggère. Entre la simple difficulté scolaire et l’échec scolaire massif, il n'existe pas de profil type de l'enfant en difficulté. Mais ce que l’on peut dire c’est que ce trouble recouvre bien souvent autre chose que des difficultés d’apprentissage. Il peut n’être que la partie visible de troubles psychopathologiques de l’enfant et de l’adolescent. Il constitue une voie commune à des causes aussi diverses qu'une pédagogie inadaptée, une origine organique, un retard mental, un événement traumatique, un conflit psychique, une organisation pathologique de la personnalité… Ainsi, il n’y a pas une seule cause à l’échec des acquisitions scolaires. Il est important de préciser que l’échec scolaire est vécu par l’enfant comme une blessure narcissique qui le déprime, l'isole ou au contraire le pousse à des défenses comportementales.

Le déficit intellectuel

Il est important d’évaluer les capacités intellectuelles de l'enfant. En effet, le test d’intelligence peut révéler un retard intellectuel qui explique l'échec scolaire de l'enfant. Dans ce cas, l’enfant peut être dirigé vers des structures et des méthodes spécialisées d'apprentissage scolaire où il pourra s'épanouir en fonction de ses capacités.

La précocité intellectuelle

Il est possible qu’un enfant surdoué soit cependant en échec scolaire à cause d'une inadéquation entre sa précocité et la scolarité de son âge.

Les difficultés spécifiques d'apprentissages

LA DYSPHASIE
Etymologiquement, ce terme a pour origine dys : le manque, la difficulté et phasis : le langage. Il s’agit de trouble du langage qui peut aller du retard simple dans l’acquisition du langage chez l’enfant, jusqu’à des perturbations plus importantes telles que le mutisme (absence totale de langage) avec des difficultés de compréhension. En générale, la dysphasie n’est pas liée à un retard mental mais on la trouve souvent associée à de légères difficultés affectives (émotivité, impulsivité, colères fréquentes, replis sur soi). Un suivi auprès d’un orthophoniste et d’un psychologue est souvent nécessaire ainsi que des tests auditifs (en effet, un déficit auditif, même minime peut altérer profondément la capacité de compréhension du langage).

LA DYSLEXIE
Déficit dans l’acquisition de la lecture à partir de 7 ans, à laquelle s’associe souvent des difficultés d’orthographe. On note des confusions de graphèmes dont la correspondance phonétique est proche (a- an, s- ch, u- ou) ou dont la forme est proche (p- q, d- b), des inversions (or- ro, cri- cir), des omissions (bar- ba, arbre- arbe) ou encore des additions, des substitutions. La compréhension du texte lu est bien souvent supérieur à ce que pourrait laisser croire le déchiffrage mais la totalité de l’information écrite est rarement bien appréhendée. Le décalage va croissant avec l’age de l’enfant et, sans traitement, les difficultés scolaires deviennent globales. L’étude clinique de la dyslexie montre qu’elle s’associe souvent à d’autres facteurs : Troubles de la latéralisation, troubles dans l’organisation spatio-temporelle, retard de langage… Les causes sont multiples dans ce trouble situé au carrefour de la maturation individuelle et sociale de l’enfant.
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LA DYSCALCULIE
Chez des enfants intelligents, sans maladie neurologique, impossibilité d'effectuer des opérations formelles de calcul, d’algèbre, de géométrie et de manier les nombres. On distingue : une dyscalculie vraie, apparue dès le plus jeune âge, avec une dyspraxie digitale. Une dyscalculie associée à des troubles d’organisation spatiale d’apparition plus tardive. Une dyscalculie liée à des difficultés psycho-affectives. Lorsqu’il s’agit d’organisation de type névrotique, phobique (déplacement sur le nombre de l’angoisse névrotique) les aptitudes numériques fondamentales ne sont pas atteintes.
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LA DYSGRAPHIE
Déficit dans la qualité de l’écriture hors de toute atteinte neurologique ou intellectuelle. La dysgraphie n’est repérable qu’à partir de 6 ans, car avant cet âge les enfants sont en majorité incapables d’exécuter des copies lisibles et de déchiffrer ce qu’ils ont copié. L’acquisition de l’écriture dépend de nombreux facteurs : apprentissage scolaire, facteurs maturatifs individuels, facteurs linguistiques, psychosociaux, valeur symbolique de l’écrit etc… L’étude clinique de la dysgraphie montre qu’elle s’associe à d’autres série de difficultés : Désordre de l’organisation motrice, de l’organisation spatio-temporelle, perturbation du langage et de l’écriture, troubles affectifs (anxiété, inhibition qui peuvent aller jusqu’à constituer un symptôme névrotique). L’approche thérapeutique dépend donc de ces difficultés associées : approche psychothérapique, rééducation psychomotrice, orthophonique ou relaxation.

LA DYSPRAXIE
Il s’agit d’enfants incapables d’accomplir certaines séquences de gestes ou qui le font avec une certaine maladresse. L'enfant conçoit bien les gestes mais n'arrive pas à les organiser ni à les réaliser de façon harmonieuse : s’habiller, lacer ses chaussures… Certains enfants présentent des difficultés motrices mais ont un développement psycho affectif normal. D’autres, par contre, manifestent des perturbations plus profondes de l’organisation de la personnalité. L’approche thérapeutique dépend de la profondeur des troubles de la personnalité associés : thérapie psychomotrice, aide pédagogique, psychothérapie.

L'inhibition scolaire

C'est un des motifs de consultation les plus fréquents. C’est un arrêt de la pensée, des mécanismes cognitifs. Beaucoup connaissent ce mécanisme de manière isolée : c’est le trou noir, la tête vide devant un sujet d’examen ou devant l’examinateur, c’est le moment de stupeur ou de d’incompréhension devant un énoncé. Mais ces enfants paraissent entravés dans leur capacité de penser, toujours en retrait, ils interviennent peu dans les activités scolaires et craignent d'être interrogés. L'inhibition intellectuelle, arrivée en secondaire, pose de réels problèmes à l'enfant, à qui il est demandé une participation plus active et plus personnelle et peut donc aboutir à un échec scolaire. Chez ces enfants, la pensée est investie de manière conflictuelle ou désinvestie à la mesure de l'angoisse qu'elle suscite en fonction des conflits infantiles. Par exemple, le manque d'intérêt, voire le blocage peut renvoyer à un interdit : sur la curiosité sexuelle, autour de secrets familiaux... Mais l'angoisse peut aussi être liée à des conflits identificatoires. L’enfant peut être incapable de s’inscrire dans une rivalité avec ses images parentales. Par exemple, la difficulté à accepter la réussite, à dépasser un père qui n’a pas fait d’étude ou d’aller plus loin que le niveau des acquis parentaux.

Le refus scolaire

L'enfant s'oppose à toutes acquisitions scolaires. Il apparaît parfois comme le témoin de l'hostilité plus ou moins manifeste des parents à l'égard de l'école (projection massive de leur propre vécu scolaire sur celui de leur enfant). Chez le jeune enfant, l'opposition est active, bruyante avec des attitudes de bouderie ou des troubles du comportement (colère, instabilité…). Elle peut être plus passive, il apparaît alors comme effacé, rêveur, "dans la lune". Le préadolescent ou l'adolescent peut marquer son opposition en séchant les cours. Le refus scolaire s'observe parfois comme une composante d'une organisation caractérielle ou psychopathique (déviation caractérielle entraînant des conduites antisociales). Enfin, il peut être la conséquence d'exigences parentales excessives que l'enfant ne peut assumer. Le surinvestissement des résultats scolaires par les parents, leurs contrôles rigoureux et leur vigilance perfectionniste et incessante du travail de l'enfant peuvent entraîner un renoncement, voir un refus scolaire total.

Le désintérêt scolaire

On ne peut réellement parler de désintérêt ou de désinvestissement scolaire que vers la préadolescence ou à l'adolescence. A cet âge, les apprentissages scolaires commencent à être intégrés dans une motivation interne, ce n'est plus du seul fait de plaire aux parents. Ce désintérêt est caractérisé par un fléchissement du rendement scolaire, par le dégoût de tout ce qui a trait à l'école, son inutilité, l'ennui qui en résulte. Il peut s'accompagner d'un absentéisme scolaire important et peut dans certains cas conduire à l'arrêt de la scolarité. Il peut témoigner d'une problématique plus profonde telle qu'un syndrome dépressif.

Les causes événementielles

Chez les enfants, les processus de pensée sont étroitement tributaires du développement affectif lié à l'environnement. L'équilibre psychoaffectif familial est indispensable à une bonne scolarité. Une situation déstabilisante pour l’enfant telle qu’un divorce, un déménagement, un décès peut entraîner une scolarité perturbée. Il peut en aller de même lors de la naissance d’un puîné, ou lorsque l’enfant ne s’entend pas avec un professeur. Mais ces situations ne sont cependant pas traumatisantes en elles-mêmes, tout dépend de ce qu’elles viennent signifier dans l’histoire de l’enfant, des mécanismes dont il dispose pour faire face à ces situations. Elles n’entraînent pas systématiquement un fléchissement scolaire : Un enfant dont les parents sont divorcés peut tout aussi bien, dans une attitude défensive, surinvestir la scolarité, masquant ainsi derrière des résultats gratifiants pour les parents une situation de souffrance. L’entrée à l’école, puis au CP, puis au collège constituent des ruptures qui peuvent raviver les conflits liés à la séparation. Les enfants n'ont pas tous les mêmes dispositions face à ces exigences. Chacun réagit de façon différente à la séparation, tout dépend des mécanismes de défense établis lors des premières séparations maternelles et s'il a été victime de carences affectives. Cela peut entraîner des refus de se rendre à l’école, de l’inhibition…

La phobie scolaire

La phobie scolaire s'observe chez des enfants qui, pour des raisons irrationnelles, refusent d'aller à l'école et résistent avec des réactions très vives ou de panique quand on essaie de les y forcer. Elle semble plus fréquente chez les garçons. Elle apparaît entre 6 et 13 ans, surtout à l'entrée à l'école élémentaire et au moment de l'entrée au collège. Lors du départ à l'école, l'enfant s'agite, manifeste une grande panique. Il pleure, supplie ses parents. Si on le force, la crise prend une allure dramatique, l'enfant est alors inaccessible à tout raisonnement. L'enfant peut présenter des plaintes somatiques (maux de ventre, céphalées) même des vomissements surtout vers 5-7 ans. Dés que l'enfant n'est plus confronté au départ à l'école, il devient plus conciliant. Les causes sont multiples : peur de la séparation (à différencier de l’angoisse de séparation dite développementale à l’école maternelle), peur des autres, de la performance…

Une entrée dans la psychose

Plus rarement, l'échec scolaire pourra révéler un trouble grave de la personnalité d'ordre psychotique. Dans ce cas-là, les processus de pensée sont attaqués comme le sont tous les processus de liaisons psychiques notamment lorsque le désintérêt est général, que l'on constate un repli sur soi et de l'apragmatisme (activité globale diminuée).
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